Les grands groupes de distribution promettent d'assouplir leurs critères en matières de calibres et d'aspects des productions françaises, mises à mal par une sécheresse historique.
( AFP / JOEL SAGET )
Les enseignes de la grande distribution seront plus tolérantes sur les calibres et aspects des fruits et légumes, et choisiront en priorité les produits d'origine France pour soutenir les agriculteurs affrontant une sécheresse exceptionnelle, a annoncé mardi 18 août sa principale fédération. "Dès les premiers impacts constatés, les enseignes ont adapté leurs pratiques et mis en place des actions concrètes de soutien aux producteurs afin de tenir compte des difficultés rencontrées sur le terrain", a assuré dans un communiqué la Fédération du commerce et de la distribution (FCD). Celle-ci regroupe la plupart des enseignes de grande distribution dont E.Leclerc, Coopérative U, Carrefour, Auchan, Groupement Les Mousquetaires, Intermarché, Casino.
La FCD a déclaré "adapter les pratiques aux réalités du terrain, en préservant une approche pragmatique concernant les conditions d’agréage et d’acceptation des produits (calibres, aspects…), afin de rechercher des solutions cohérentes avec les situations rencontrées par les producteurs". Mais aussi "faire de l'origine France une priorité assumée, en privilégiant les productions françaises lorsqu'elles sont disponibles, afin de soutenir l'activité agricole sur l'ensemble du territoire". Et enfin, "maintenir un dialogue permanent avec les producteurs et leurs représentants, pour identifier rapidement les difficultés rencontrées et construire des réponses adaptées".
Le groupe Carrefour et Coopérative U avaient séparément déclaré la semaine dernière prendre des mesures de soutien à la filière agricole.
Dans un communiqué vendredi, le groupe Carrefour avait annoncé un "plan d'urgence" pour "faciliter l'écoulement des productions endommagées par la sécheresse" alors que Coopérative U avait affirmé avoir mis en place "dès le premier jour des vagues de chaleur, des mesures de soutien pour la filière fruits et légumes frais". Les deux enseignes avaient assuré réviser le cahier des charges (tolérance sur les calibres et l'aspect visuel) ainsi que les prix d'achat et réduisent les délais de paiement de 30 à 15 jours.
Entre urgence et long terme, Lecornu plaide pour une réponse en deux temps
Dans une lettre ouverte publiée samedi 15 août, le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis une réponse "rapide et forte", avec une série d'aides déjà annoncées par la ministre de l'Agriculture Annie Genevard. Des "enveloppes ciblées" seront ainsi "à la main des préfets" pour "soutenir les trésoreries et la remise en production". S'y ajouteront des fonds pour le dispositif public d'indemnisation des pertes, qui sera "armé autant qu'il le faut". Les exploitations "les plus fragilisées" pourront aussi bénéficier de baisses de taxe foncière et de cotisations sociales.
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Plus tard à l'automne, Sébastien Lecornu entend inclure dans son projet de loi de finances pour 2027 un mécanisme de "suramortissement fiscal pour les projets d'avenir agricole", et d'autres mesures pour, entre autres, "soutenir les investissements hydrauliques, continuer d'adapter l'agriculture au changement climatique" ou encore "préserver la compétitivité de nos filières". Ces promesses demeurent toutefois incertaines, faute de majorité pour les voter à l'Assemblée, qui plus est à quelque mois de l'élection présidentielle. Le Premier ministre prépare d'ailleurs le rapport de force avec le Parlement, auquel "il appartiendra de prendre sa responsabilité en donnant un budget à la Nation, loin de toutes considérations politiciennes liées aux prochaines échéances électorales".
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